Jeudi 9 février 2012
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Publié dans : TCHAD
Au Tchad, le détournement des deniers publics et la promotion de médiocrité étaient devenus une option
plausible et cautionné par le régime en place. C’est pourquoi, nous vivons une période de notre histoire où la corruption, le pillage et le détournement des biens de l’Etat font partie de
notre quotidien par contre les notions de l’intérêt général, de transparence, de compétence et de crédibilité ne sont pas perceptibles dans notre vocabulaire, d’où la situation socio-économique
plonge davantage la population dans l’abime profonde de la pauvreté. Ces pratiques malsaines et malséantes ainsi que leurs dérives qui les suivent reflètent un comportement général qu’on se
laisse répandre et s’enraciner durablement dans nos mœurs.
L’administration générale était truffée des cadres piètres immoraux, où aucune logique de compétence et de la gestion n’est respectée, ni le
mérite. Ainsi, au détriment de cadres compétents, intègres et crédibles, ce régime privilégiait toujours des nullards, des bouffons, des corrompus et des détourneurs notoires avec leurs seules
qualifications être proches du pouvoir ou pantins dociles et serviles. Ces privilégiés ayant des ramifications dans toutes les institutions étatiques, s’étaient constitués en
des réseaux mafieux et ont pris en otage toutes les régies financières de l’Etat et contrôlaient toutes sortes de circuits financiers. Profitant de laisser-aller, les prédateurs sans scrupule aux
commandes de l’Etat, en se lançant dans la course de l’enrichissement rapide et facile, s’étaient dotés du pouvoir de spolier systématiquement les ressources de la République et de les dilapider
dans la frivolité, la futilité et le dévergondage, au grand dam des contribuables qui vivaient dans la précarité et l’obscurité totale sans électricité ni eau. D’où, plusieurs hauts responsables
du régime de véritables kleptomanes ont brillé par leur vol de fonds publics et encore ces mêmes détourneurs des milliards, après une brève arrestation pour tromper l’opinion publique, et ont été
promus à des postes de responsabilités plus importants que précédents et continuaient à récidiver. Alors le détournement est-il devenu comme un tremplin a la promotion dans ce pays où les
célèbres détourneurs dirigeaient les plus importantes institutions de l’Etat? C’est grotesque et contradictoire ! Donc l’assainissement n’a-t-il point de sens dans ce monde ? Dans ce pays de
non droit, où les nominations étaient faites pour participer aux mangeoires et s’enrichir plus rapidement possible et non servir une nation ou un pays, certains membres de la nomenklatura se
permettaient d’exiger à être nommer a de poste juteux de leur choix et d’autres parvenus sont inamovibles a la tête de certaines institutions de l’Etat comme leur héritage. Quel paradoxe !
C’était-il un pays ou une entreprise privée ?
Ce favoritisme, ce pillage et cette impunité institutionnalisés ont pour corollaire l’émergence d’une minorité illicitement enrichie, en
décadence morale et dénué de tout sens de responsabilité et du souci de destin du pays. De ce fait, les nouveaux fortunés vivaient dans des villas hérissées des antennes, enivrés par leurs
richesses mal acquises et devenaient de plus en plus dépravés, égoïstes et insolents avec des tendances pathologiques avilissantes et assujettissantes envers les autres, leur passe temps favori
est devenu l’alcool, les femmes…(les ‘’gaada’’ et les retrouvailles d’amis pour la débauche). Tandis que les pauvres étaient pris en tenaille dans les mâchoires de prédateurs et vivaient
petitement dans des taudis et devenaient de plus en plus démunis, misérables et hargneux. Les pauvres étaient condamner à subir et n’ont pas droit à agir. C’est qui creusait les écarts de niveau
de vie entre des exclus et des inclus dans la société .Cette injustice engendrait la frustration, le désespoir, le clivage et l’explosion sociale. Qui plus est, les satrapes corrompus du
régime investissaient leurs biens mal acquis dans les pays étrangers en achetant des plaisirs, des appartements, des duplex et des voitures de valeur et en fructifiant leur butin de vol dans des
grandes banques… C’est qui entrainait la fuite inutile des importants capitaux vers des horizons inconnus, cependant une frange de la population était affamée, n’ayant pas accès a l’eau,
aux soins primaires et a l’éducation, du faite de cette gestion chaotique, unilatérale et continuelle de décennies en décennies. Alors, le peuple tchadien pourra-t-il continuellement accepter que
le désir sans bornes pour le lucre des irresponsables véreux du régime soit un lourd et insupportable fardeau de toute la population ? Ces circonstances interpellent tout citoyen tchadien
devant ses responsabilités tant qu’au niveau individuel que collectif pour stopper la déliquescence du pays. Pour ce, le peuple tchadien doit de prendre nécessairement son courage et user son
droit a tout prix, en brisant la peur et dire non au système politique en place afin de changer de cap et prendre sa destinée en main, car les conditions de vie l’obligent et la conjoncture
l’impose.
HABRE MAHAMAT
LELEKE