La chaîne d'informations internationales France 24 souffle mardi ses cinq bougies, forte d'une reconnaissance avérée dans le monde arabe et en Afrique, malgré une gouvernance chaotique et une intégration difficile dans la holding Audiovisuel extérieur de la France (AEF).
La chaîne naît en décembre 2006 à l'issue d'une gestation laborieuse, quatre ans après l'annonce par Jacques Chirac, alors président, de la nécessité d'une télévision qui jouerait sur la scène mondiale "à l'égale de la BBC et CNN".
A l'époque, les principaux acteurs du PAF veulent s'arroger le projet, nom de code "CF2I". France Télévisions revendique le premier rôle, y voyant l'occasion de créer de toutes pièces la chaîne "infos" dont le groupe rêvait. TF1 veut développer une version internationale de LCI, mais moyennant subventions. Canal+, sur la base de iTélé et TV5, fort de sa présence internationale, affirme sa légitimité.
Le gouvernement en décidera autrement en créant une société à 50/50 privé-public, attelant au même timon France Télévisions et TF1. Le groupe privé se retirera de l'aventure avant que France 24 ne devienne en 2009 filiale à 100% de la holding AEF chargé de chapeauter également, mais non sans mal, Radio France International (RFI) et TV5-Monde.
Doté d'un modeste budget (85 millions d'euros, aujourd'hui 112, contre près de 600 pour BBC World), France 24 est d'abord lancée en français et en anglais, et peut alors être reçue dans 80 millions de foyers de 120 pays.
Aujourd'hui elle revendique 30 millions de téléspectateurs chaque semaine dans 200 millions de foyers.
France 24 compte un millier de collaborateurs permanents et occasionnels de 35 nationalités. La chaîne affirme une forte présence sur le web avec en moyenne mensuelle six millions de visiteurs uniques et un pic à 14 millions en avril 2011 à la faveur d'une actualité exceptionnellement dense: suites de Fukishima, crise en Cote d'Ivoire, en Libye... Par ailleurs quelque 102 millions de visionnages de programme de France 24 sur Youtube ont été recensés.
Cinq années chaotiques
En Afrique francophone, les études commandées par France 24 montrent "un véritable succès populaire" avec 33% de la population urbaine qui dit regarder la chaîne chaque semaine.
Quant au monde arabe, les révolutions successives au Maghreb ou au Proche Orient, font de France 24 un organe d'information reconnu au vu des nombreux témoignages reçus par la chaîne ou recueillis sur place, comme en Syrie par les rares journalistes qui ont pu y travailler. Dans le monde arabophone, France 24 est en concurrence avec des télévisions comme la quatarie Al Jazeera et El Arabya de Dubaï.
En Tunisie, un sondage de février 2011 révèle que 78% des Tunisiens ont déclaré avoir regardé France 24 pour s'informer de l'actualité dans leur pays.
Mais les cinq années d'histoire de la chaîne ont aussi été chaotiques, avec une valse de directeurs de l'information, sur fond d'opposition frontale entre son PDG, l'ancien publicitaire Alain de Pouzilhac et sa directrice générale Christine Ockrent. Cette dernière finira par jeter l'éponge après une sombre histoire d'espionnage interne aujourd'hui dans les mains de la Justice.
Pour son cinquième anniversaire, France 24 a concocté une grille spéciale avec des présentateurs originaux comme Agnès B, Jacques Attali, Yasmina Khadra, Bernard-Henri Lévy, ou Ghassan Salamé et des invités de marque comme Anne Lauvergeon ou Stéphane Hessel. Plusieurs débats sont également prévus avec notamment Hubert Védrine, Plantu ou Christopher Caldwell.
Source: TV5monde
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