Belgique - Un colonel suédois, Hans Am, en opération au sein de la Force européenne au Tchad et en Centrafrique (EUFOR) a été relévé de ses fonctions par la hiérarchie militaire de son pays, pour "rétention d'informations", a appris mercredi la PANA de source offcielle à Bruxelles.
Le colonel Hans Am est accusé par l'armée suédoise "d'avoir dissimulé des informations sur les actes de torture commis sur un milicien congolais par des soldats français de l’opération Artémis, en juillet 2003, en Ituri", en République démocratique du Congo.
Un haut fonctionnaire européen à Bruxelles a confié à la PANA que l’affaire est suivie de près par Javier Solana, Haut représentant de l’Union européenne pour la politique exterieure et de sécurité commune, responsable politique direct des opérations militaires de l’Union europénne.
Le colonel suédois a été révoqué de l’armée de son pays en meme temps que le vice-amiral Jorgen Ericson, qui était responsable du contingent suédois lors de l’opération Artémis.
Placée sous le commandement de la France, cette mission militaire européenne fut lancée d’avril à juillet 2003, pour securiser la ville de Bunia, qui était le théatre des massacres interthniques.
Les milices commandées par des chefs de guerre se disputaient le controle de mines d’or de l’Ituri (est de la RD Congo) qui se trouve être le champs aurifière le plus étendu du monde.
L’affaire a éclaté en Suède suite à la diffusion à la télévision d’un reportage montrant un milicien congolais attaché par un lacet à la gorge et mené ainsi jusqu’à la base franco-suédoise de Chem-Chem à Bunia. Au cours d’un interrogatoire qui a duré plusieur heures, les soldats français ont soumis le Congolais a une simulation de noyade pour lui arracher des aveux.
Selon le témoigange des soldats suédois, les cris du prisonnier congolais étaient entendus dans toute la base de Chem-Chem où il a été soumis à un simulacre d’execution par un officier français.
Les soldats suédois témoins de ces scènes auraient par la suite remis un rapport à l’officier supérieur, commandant du contingent suédois de l’Artémis, qui lui n’a pas retransmis l’information à sa hiérachie.
A Bruxelles, dans le milieux des institutions européennes, on tient désormais à éviter que de tels actes ne puissent se reproduire au cours de l’opération EUFOR-Tchad/RCA, déployée depuis le 12 février dans l'est du Tchad et en Centrafrique, pour y assister une mission de police de l'ONU et protéger quelque 450.000 réfugiés du Darfour (ouest du Soudan) et déplacés tchadiens et centrafricains.
Pour être au complet, l'EUFOR devrait être composée, à partir de mai, de 3.700 soldats venant de 16 pays européens, dont 2 100 Français.
Source
Panapress