Vendredi 15 août 2008 5 15 /08 /Août /2008 16:55
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Abandonné au sort de prisonnier politique dans les geôles ivoiriennes, il est présenté par les autorités ivoiriennes comme un « complice de coup d’Etat ». Et pourtant, son innocence est prouvée.

 

  C’est un véritable procès kafkaïen. Didier Torrella, un ressortissant français, croupit innocemment dans les geôles ivoiriennes. Les autorités d’Abidjan l’accusent d’être complice d’une tentative de coup d’Etat. Au hasard d’une rencontre, Torrella s’est retrouvé au milieu de deux français trempés jusqu’au cou dans une sordide tentative de putsch.

 

   Santé physique et psychiatrique fragile, Didier Torrella est sous les chaînes de la détention sous l’affamant ticket d’opposant politique régime de Laurent Gbagbo. Le calvaire de cet ex- dirigeant  d’entreprise n’est plus qu’une succession d’injustice après plus de 6 mois de détention. Son épouse Liliane Torrella fait des pieds et de mains pour  réclamer une  remise en liberté provisoire. Des demandes dans ce sens ont été systématiquement rejetées par la justice ivoirienne. Bernard Kouchner, Ministre français des Affaires Etrangères, alors en visite en Côte d’Ivoire, avait donné une maigre assurance après avoir vérifier l’innocence de Didier Torrella. Plus rien ne filtre. La diplomatie française se fait discrète alors que Paris et Abidjan célèbrent timidement le réchauffement de leurs relations diplomatiques. L’hostilité des ivoiriens à la France empêche toute mobilisation des associations de défense de droits de l’Homme pour soutenir la cause de Didier Torrella. Il paye ainsi le prix des relations tumultueuses entre la Côte d’Ivoire et la France.

 

        Retour sur les traces de ce héros infortuné. Didier Torrella reçoit le coup de fil d’un ami d’enfance. Il lui demande d’accueillir deux mystérieux inconnus aux cassiers judiciaires éloquents : Jean-Paul Ney et Jean-François Cazé. Les faits remontent à décembre 2007. Jean- Paul Ney est un reporter Freelance à la sulfureuse réputation, le journaliste a été l’objet de la répression de la justice française. Au  casier judiciaire vierge, Jean- François Cazé partage la passion de Ney pour l’informatique. Didier Torrella découvre les « colis » français pour la première fois en terre africaine. Il accueillait simplement les deux français  qui arrivaient de cotonou. C’est dans la capitale béninoise que les évènements se liguent contre Torrella. Cazé et Ney prennent langue avec Ibrahim Coulibaly, ancien sergent chef de l’armée ivoirien, adepte des sensations fortes et des coups d’Etat. Le plan est tout simple : Verser Laurent Gbagbo sous l’objectif de Cazé. Didier Torrella n’est pas en intelligence avec le coup d’Etat qui se fomente. Il ne joue le rôle de guide « touristique ».

 

         

       Plus de deux semaines après, à Abidjan, Jean-Paul Ney tombe dans les filets de la gendarmerie ivoirienne. De nombreuses cassettes vidéo sont saisies de son sac par des fins limiers.  Jean –François Cazé prend la poudre d’escampette. De fil en aiguille, les rush décryptées par la DTS remonte la filière à Didier Torrella. Les confrontations disculpent Torrella. Mais, il est maintenu comme un « assimilé », prisonnier politique. Des personnes trempées dans cette tentative de renversement du président Gbagbo affirment ne pas connaître celui qu’Abidjan exhibe comme un « complice ».

 

            Le pouvoir ivoirien persiste dans sa logique de trouver des têtes de turc, des boucs émissaires français. Aux yeux d’Abidjan, l’implication d’un  nombre élevé de ressortissants français dans une tentative de putsch serait un crédit politique et diplomatique. Les ivoiriens, dans l’ambiance pré- élection présidentielle, manifesteront leur sympathie de « patriotes » à Gbagbo. Au près de  la France, c’est un prétexte pour écarter Paris des affaires internes ivoiriennes.

          Les intérêts froids et obscurs de la politique ne doivent pas conduire Didier Torrella comme une brebis à l’abattoir. 

 

 

Par Jean-Paul Moussa

Par L'HOMME DE LA PAIX
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