Partager l'article ! Les pirates de l'air se rendent aux autorités libyennes: Selon un responsable libyen, ...
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"Les pirates se sont livrés sans violences et les membres de l'équipage de l'avion est sain et sauf", a-t-il ajouté. L'avion avait été détourné mardi après son décollage de Nyala, dans la région du Darfour, d'où il devait se rendre à Khartoum.
Khartoum avait souhaité, en cas d’arrestation, qu’on lui remette les "terroristes"
A Khartoum, les autorités avaient émis le souhait, en cas d’arrestation, qu’on leur remette les "terroristes" pour que ceux-ci soient traduits en justice.
Une stratégie soudanaise vaine selon Roland Marchal, chargé de recherche au CERI/CNRS et interrogé par FRANCE 24 : "Ce ne sont pas des djihadistes. Il s’agit d’un acte désespéré de gens qui veulent quitter une région dévastée et, en même temps, d’un coup de pub pour la cause des rebelles du Darfour. Les efforts de Khartoum pour assimiler auprès des Occidentaux les rebelles du Darfour à des terroristes resteront sans effet."
"Ce ne sont pas nos manières et nos façons de faire"
Après l'atterrissage de l'avion en Libye, les pirates avaient affirmé appartenir à l'Armée de libération du Soudan (SLA), un mouvement rebelle du Darfour, et vouloir rejoindre leur chef Abdel Wahid Mohammed Nour à Paris.
Selon le pilote de l’avion cité par le directeur de l’aéroport de Koufra, "les pirates ont affirmé avoir coordonné [l'opération] avec lui pour le rejoindre à Paris" et demandé un plan de vol leur permettant de rallier la capitale française.
Mais Mohammed Nour, qui vit à Paris, a démenti tout lien avec ce détournement, accusant le gouvernement soudanais d'en être responsable pour justifier de nouveaux massacres au Darfour. "Ce ne sont pas nos manières et nos façons de faire. Il s’agit, d’une part, de détourner l’attention de la Communauté internationale du génocide commis contre des civils innocents dans des camps et, d’autre part, de me faire expulser de France", a-t-il déclaré dans un entretien accordé à FRANCE 24.
Lundi, des rebelles et des témoins avaient fait état d'au moins 36 morts lors d'affrontements avec les forces soudanaises dans le camp de Kalma, qui abrite environ 80 000 personnes près de la ville de Nyala, dans le Sud du Darfour.
"L’immobilisme des hommes politiques occidentaux"
Depuis 2003, les forces gouvernementales, appuyées par les milices arabes janjawids, luttent contre des mouvements rebelles du Darfour. Les Nations unies, qui dénoncent des crimes contre l'humanité commis dans la région, estiment que le conflit a causé la mort de plus de 300 000 personnes, tandis que plus de 2 millions d’autres personnes ont été déplacées. De son côté, Khartoum ne comptabilise que quelque 10 000 morts.
La situation semble se dégrader : "Les mouvements rebelles sont plus que jamais divisés. Leurs chefs ont des ambitions croissantes alors que la situation humanitaire se détériore. L’immobilisme des hommes politiques occidentaux et le faible résultat des médiations entreprises par l’Union africaine et l’ONU rendent pessimiste quant à la normalisation de la situation au Darfour", indique Roland Marchal à FRANCE 24.
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