Mardi 7 octobre 2008 2 07 /10 /Oct /2008 23:02
- Publié dans : ACTUALITE
La Cour pénale internationale (CPI) "n'a aucune autorité" sur le Soudan et "personne ne peut poser de conditions" à ce pays, a affirmé mardi à Paris un proche conseiller du président soudanais Omar el-Béchir.

 

"Nous avons bien expliqué que le Soudan ne fait partie de cette Cour qui n'a aucune autorité sur notre pays", a déclaré lors d'une conférence de presse Nafie Ali Nafie, au lendemain d'une rencontre avec le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner.

Lors de cet entretien, M. Kouchner a souhaité que Khartoum "coopère" avec la CPI et affirmé que la France "attendait des actes", selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères.

La Cour pénale internationale a délivré en 2007 des mandats d'arrêt contre deux responsables soudanais : Ahmed Haroun, ministre aux Affaires humanitaires, et Ali Kosheib, un chef de milice, pour leur rôle dans le conflit du Darfour. Khartoum a toujours refusé de livrer les deux hommes.

En juillet, le procureur de la CPI a réclamé un mandat d'arrêt contre le président soudanais pour "génocide" au Darfour. La Cour ne s'est pas encore prononcée sur cette dernière requête.

La France a récemment proposé de suspendre la procédure de justice visant le président Béchir posant quatre "conditions".

Paris a notamment demandé des "mesures" à l'encontre de Mohamed Haroun et d'Ali Kosheib.

La France a également demandé "une réelle coopération" pour le déploiement de la force hybride ONU-UA au Darfour, l'obtention d'un "accord politique durable entre le gouvernement et les différentes forces rebelles" du Darfour, et enfin que le Soudan cesse "d'interférer dans les affaires de ses voisins, à commencer par le Tchad".

"Personne ne peut poser de conditions" au Soudan, a rétorqué M. Nafie, tout en se disant d'accord sur trois des gestes demandés par Paris.

"Il ne reste qu'une question qui est celle de la CPI" à régler, a-t-il dit.

"Mais pour l'établissement de la paix, les relations avec le Tchad et la facilitation de la force ONU-Union Africaine nous sommes d'accord", a-t-il assuré.

Selon le communiqué publié mardi par le Quai d'Orsay, M. Kouchner a fait part à son interlocuteur soudanais "de l'extrême préoccupation de la France devant la dégradation de la situation au Darfour" et "a demandé que les autorités soudanaises mettent fin aux opérations qu'elles mènent depuis plusieurs semaines".

Le conflit au Darfour, dans l'ouest du Soudan, a fait jusqu'à 300.000 morts depuis 2003, selon l'ONU, quelque 10.000 selon Khartoum.

Par L'HOMME DE LA PAIX
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