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Pascal Marlinge, qui dirigeait l'antenne de l'organisation britannique Save The Children au Tchad, a été assassiné jeudi. Le drame a eu lieu à seulement neuf kilomètres à l'est de Farchana, où les soldats de l'armée française servant dans l'Eufor ont établi leur base.
La mort d'un travailleur humanitaire français, jeudi au Tchad, illustre les limites de la force de maintien de la paix européenne (Eufor), qui s'avoue impuissante à protéger l'ensemble des convois humanitaires en raison de son manque d'effectifs.
Pascal Marlinge, qui dirigeait l'antenne de l'organisation britannique Save The Children au Tchad, a été abattu jeudi par des hommes armés alors qu'il circulait à bord d'un convoi entre les villages de Farchana et Hadjer Hadid, à proximité de la frontière avec la région soudanaise du Darfour.
L'attaque a eu lieu à seulement neuf kilomètres à l'est de Farchana, où les soldats de l'armée de mer française servant dans l'Eufor ont établi leur base, a déclaré à Reuters le lieutenant-colonel Jean Axelos, porte-parole de l'Eufor.
"Vous prenez une carte et vous regardez les étendues: il est bien évident que l'Eufor ne pourra jamais être partout en permanence", a reconnu Axelos.
L'Eufor ne dispose à l'heure actuelle que de 2.200 hommes, chargés de protéger les civils, les réfugiés et les travailleurs humanitaires dans une zone de plusieurs centaines de kilomètres carrés, en proie depuis plusieurs années à des poussées de violence.
"DIFFICILE D'ACCOMPAGNER TOUS LES CONVOIS"
Face au manque d'effectifs, explique Axelos, l'Eufor concentre ses efforts sur la protection des camps de réfugiés, des installations humanitaires et des stocks.
"Quantitativement, en termes d'effectifs, il nous serait un peu difficile d'accompagner tous les convois", justifie-t-il.
Les commandants de l'Eufor ont expliqué aux agences humanitaires et aux ONG, qui apportent de l'aide à un demi-million de déplacés soudanais et tchadiens, qu'il leur était impossible pour l'heure de leur garantir une escorte pour chaque convoi.
Mais, explique Axelos, l'attaque meurtrière de jeudi est là pour rappeler le "caractère indispensable de notre mission dans cette zone".
Les effectifs de l'Eufor, toujours en phase de déploiement, doivent atteindre leur niveau opérationnel maximal fin juin avec un total de 3.700 hommes. En plus du contingent français de Farchana, un bataillon irlandais se déploie actuellement à Goz Beida, plus au sud, et des militaires polonais sont attendus à Iriba, au nord.
Par ailleurs, les agences d'aide humanitaire des Nations unies ont décidé en signe de "protestation symbolique" contre l'attaque de la veille de suspendre toutes leurs activités, hormis celles d'urgence, dans l'est du Tchad pour une durée de deux jours, a annoncé à Genève le Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l'Onu (OCHA).
Des dizaines de convois humanitaires ont été attaqués dans l'est du Tchad ces deux dernières années. Mais si des centaines de civils tchadiens ont été tués par des rebelles, les attaques meurtrières contre des travailleurs étrangers restent rares.
L'Eufor a subi sa première perte humaine en mars lorsque deux soldats français ont franchi la frontière avec le Soudan et sont tombés sous le feu de l'armée soudanaise. Un soldat avait été tué.
Pascal Fletcher et Stephane Nebehay, version française Clément Dossin
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