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"Nous avons eu une réunion de paix la nuit dernière et avons décidé de ne pas tuer les otages français parce que nous n'avons aucun problème avec la France", a confirmé à Reuters le colonel Ebi Dari, chef du Conseil de sécurité et de défense du delta du Niger (CSDDN).
"Nous ne les libérerons cependant pas tant que le gouvernement camerounais ne nous aura pas reçus et que nous ne lui aurons pas dit exactement ce que nous voulons", a-t-il ajouté sans plus de précision sur les exigences de son groupe.
Les six Français, employés de la société de services en mer Bourbon, ont été enlevés vendredi en compagnie de deux Camerounais, d'un Tunisien et d'un Sénégalais. Leurs ravisseurs avaient alors menacé de les tuer si le gouvernement camerounais ne répondait pas à leurs demandes dans un délai de trois jours.
Le Quai d'Orsay, qui a mis en place à Paris une cellule de crise, a déclaré samedi qu'il n'avait pas de commentaires à faire sur cette évolution.
Les autorités camerounaises n'ont quant à elles pas précisé si elles étaient disposées à négocier avec les ravisseurs mais ont annoncé samedi qu'elles oeuvreraient à la libération de leurs otages.
"Tous les moyens et toutes les mesures ont été mises en place pour préserver la vie des otages, identifier leurs ravisseurs et assurer la sécurité des personnes entrant et sortant du territoire national", a annoncé le gouvernement à la radio.
INDEMNISATION
Les hommes armés de Dari ont attaqué avec trois hors-bord un remorqueur de la société Bourbon, le Sagitta, qui était "en support d'une opération de chargement de brut sur un champ pétrolier au large de la péninsule de Bakassi", à environ 180 km de Douala, principal port camerounais.
Dari n'a pas précisé quelles étaient ses revendications mais, par le passé, son groupe avait demandé au Cameroun et au Nigeria de renégocier les termes du jugement de la Cour internationale reconnaissant la cession de la péninsule au Cameroun.
Ce territoire, qui regorgerait de pétrole, a été restituée cette année au Cameroun par le Nigeria après des décennies de différend frontalier. Les milices se sont soulevées contre cette décision.
Depuis, le CSDDN a demandé l'indemnisation des ressortissants nigérians de Bakassi qui ont choisi de quitter la péninsule et de s'installer dans leur pays. Il réclame également la libération de deux de ses membres capturés par les autorités camerounaises lors d'une attaque.
La région du golfe de Guinée, qui abrite de nombreuses infrastructures pétrolières, est régulièrement le théâtre d'attaques contre des intérêts étrangers. En 2008, des attaques de ce type se sont produites au Nigeria, en Guinée équatoriale et au Bénin.
Version française Clément Dossin et Henri-Pierre André
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