Lundi 3 novembre 2008 1 03 /11 /Nov /2008 17:09
- Publié dans : TCHAD

IDI  avait fixé son regard sur le mois d’octobre. C’était sans compter sur l’ingéniosité des rebelles. Leurre d’un calendrier de guerre.

 

Novembre : C’est l’air frais et sec des étendues de sable. Le soleil est au zénith. Comme un reptile, Deby sort de son hibernation. Fièrement. Question à un sou : Dans quel état d’esprit se trouve IDI ? Pas besoin d’être médium. Idriss Deby se trémousse. Il mousse. D’un ton ferme, sa voix envahit le palais rose. Une assurance fébrile souffle dans le cénacle présidentiel. Au bout de sa logique d’éternisation au pouvoir, le despote jubile… Et c’est peu de le dire. Deby. Sacré larron : IDI a déjoué les prévisions guerrières de Timan Erdimi. Le soldat de N’djamena a brisé les foudres des forces de la résistance nationale. Ah ! Deby, le bienheureux despote. Il hume l’air chaud de Novembre. Et dire que sa case fut cochée sur le mois d’octobre.

Les laudateurs et autres plumitifs griots du pouvoir absolutiste tchadien dressent des lauriers : Le règne du « père de la Nation  » est sans fin ! Gloriole d’affamés. Sur ce vent de l’histoire qui souffle en sa faveur, Deby se laisse pousser des ailes. Il entreprend, inaugure, lance des grands projets pétroliers. Et l’essentiel alors ? Vous parlez des… armes ? Pas d’inquiétude, le régime se militarise. Dans les casernes de l’armée loyale dort un arsenal impressionnant de guerre. La filière d’armement de l’Europe de l’Est a fait le reste. De vagues incessants de mercenaires, adeptes d’une autre école Bob Denard, chutent à un rythme croissant dans les terres de l’Est tchadien.

Dans cette muraille de fer, IDI est confiant.  Chars, avions Sukoï, hélicoptères, les légions des mercenaires et les enfants –soldats ont gonflés et dopés le moral des troupes de soldats de N’djamena. Grassement payés ou achetés avec de la monnaie de singe- c’est le cas pour les faméliques enfants –soldats recrutés dans les camps de réfugiés, l’euphorie des « nouveaux venus » laisse perplexes les hommes démoralisés de la milice de Deby.  « Pourquoi se suicider ou verser son sang pour ce dictateur ? » L’interrogation a déjà rongé la fierté militaire dans les casernes.

Du coup, IDI joue l’usure. Le sablier. Le soldat- Deby, stratège ayant fait ses classes dans le maquis, sait qu’à force de repousser les rébellions, les offensives des mouvements militaro- politiques éclatent là où les généraux loyaux s’attendent le moins. Alors, il instrumentalise. Il scie de vieilles ficelles. Par opposants interposés, il lance des quolibets.  Des  noms d’oiseaux, propos acides et corrosifs. Les leaders de la Résistance Nationale essuient des tirs groupés venus de l’ombre des arcanes du pouvoir via de pseudo politiciens.

Les « marabouts » des campagnes médiatiques doivent réviser leurs potions diaboliques. L’ennemi est dans le camp d’en face.

IDI flotterait encore dans ce parfum de bonheur ad vitam si l’embrouillamini enflammait les rangs des leaders de l’opposition militaire. N’en déplaise ! Les chants des loups ne feront pas chorus au sein de la résistance nationale.

Deby chasse dont sur les terres des groupes armés, il lance ses marionnettes aux trousses des leaders de la lutte armée. C’est une autre stratégie de survie.

Loin de l’euphorie des derniers jours d’octobre « rouge », IDI semble redescendu de son nuage d’illusion de quiétude. Des rapports de ses services secrets ont dissout l’atmosphère de douceur au palais rose. Du coup, un sourire narquois ! Deby est noir de colère. Il s’est fait rouler dans la farine. Le deadline d’octobre n’était qu’un leurre ; une des petites subtilités qui font basculer la guerre.  

Les mouvements politico-armés  ont lancé un « lièvre »  aux généraux de N’djamena. Les colonnes mobilisées pendant très d’un mois sont déjà émoussés. A l’est du Tchad, une épreuve de nerfs fait des victimes : Les hommes de Deby projettent de déserter aux premiers tirs de canons de la résistance nationale. Fatigués de se mutiler pour un régime qui n’a qu’apporté qu’un cycle de misère pendant 18 ans. 

 Alors, sur quelle strate du thermomètre se greffe le moral de Deby ? Bien- malheureux dictateur ! L’agonie  d’IDI se prolonge. Moralité : Il ne faut pas se fier au calendrier des rebelles. Subtilité de guerre. Deby s’est endormi sur la fixation d’octobre. La résistance nationale joue avec les mouvements de la tempête …des « canons ».

 

Par D.D de N’djamena-matin

Par ABDALLAH CHIDI DJORKODEI
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