Samedi 28 mars 2009 6 28 /03 /Mars /2009 09:07
- Publié dans : ACTUALITE
Un train de mesures sont récemment adoptées à Douala, le métropole économique du Cameroun, pour  sauver le secteur minier et la filière bois des pays de la  Communquté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC),  durement touchés par les effets de la crise financière et  économique mondiale. 

     Essentiellement exportateurs de matières premières agricoles et minières, ces pays souffrent de la contraction de la demande et de l'activité dans les pays industrialisés, principaux clients de la  CEMAC, qui regroupe six pays: le Cameroun, le Congo, le Gabon, le  Tchad, la Centrafrique, la Guinée Equatoriale.  

     En ce qui concerne le bois, la situation est difficile en  raison de la baisse des cours mais surtout de la faiblesse des  carnets de commande. Ce retournement de cycle touche non seulement la Centrafrique mais aussi le Cameroun, le Gabon et le Congo.  

     La première conséquence est le ralentissement ou l'arrêt des  activités d'exploitation forestière et de scieries, avec du  chômage partiel voire des licenciements ainsi que des  répercussions sur le secteur des transports.  

     Au Cameroun, on parle de près de 10.000 emplois menacés par les annulations de commandes pour 2009. Sauf à rechercher les quelques niches qui peuvent encore exister de par le monde, les analystes  estiment que le redressement ne se manifestera que lorsque les  stocks constitués en Europe et ailleurs auront fortement diminué.  

     En ce qui concerne le secteur minier, l'impact concerne dans un premier temps le diamant avec la chute des cours. Là encore,  partout dans le monde, notamment dans la sous-région, les  prospections sont très souvent arrêtées et les projets de  développement retardés dans l'attente d'une conjoncture plus  favorable.  

     En outre, les pays producteurs de pétrole (Cameroun, Tchad,  Gabon, Congo, Guinée Equatoriale), vont enregistrer une baisse de  leurs recettes d'exportation, les cours du baril étant passé  d'environ 147 dollars le baril en juillet 2008, à moins de 45  dollars le baril depuis plusieurs semaines. Ce qui n'est pas une  bonne chose pour les budgets des Etats concernés, car les recettes pétrolières y occupent la première place. 

     Face à cette situation, une rencontre sous-régionale consacrée  aux répecussions de la crise sur les économies de la sous-région,  et les mesures à prendre pour atténuer ses effets s'est tenue le 6 mars à Douala. La réunion ministérielle a été précédée par une  concertation entre les experts de la sous-région les 4 et 5 mars. 

     Après avoir examiné le rapport des travaux des experts, les  ministres ont finalement adopté des recommandations consensuelles  concernant la fiscalité, le secteur monétaire et bancaire, et  l'environnement des affaires. 

     Sur le plan fiscal, il a été recommandé entre autres de  permettre aux compagnies minières de bénéficier ponctuellement des réductions/exemptions des taxes d'importations sur les équipements, outillages et autres produits nécessaires aux activités de  recherche, exploration ou exploitation;  

     - Accorder des allègements fiscaux aux entreprises intégrées ( exploitation forestière et industrie) à celles engagées dans  l'améngement forestier ainsi qu'aux industries du bois ne  possédant pas de sources propres d'approvisionnement, concourant à l'augmentation du taux de transformation des bois. Ces entreprises bénéficieront en cas de besoin de financements ad hoc et/ou de  l'échelonnement de leurs dettes fiscales; 

     - Réduire les taxes sur le bois vendu localement en vue de  stimuler la consommation intérieure (taxe sur la valeur ajoutée  égale à zéro); 

     - Création d'un fonds de soutien aux secteurs touchés par la  crise économique actelle (industrie du bois) au sein de la Banque  de développement des Etats de l'Afrique centrale (BDEAC). 

     Sur le plan monétaire et bancaire, il a été adopté de baisser  significativement les taux d'intérêt bancaires, notamment le taux  directeur de la BEAC, la Banque centrale. Cela a été fait et ce  taux est passé de 4,75 à 4,5%, depuis le 26 mars 2009, suite à une décision du gouverneur de la BEAC, Philibert Andzembe.  

     On attend maintenant que les banques commerciales de la CEMAC  repercutent cette baisse des taux directeur et créditeur,  notamment sur les crédits à accorder aux opérateurs économiques,  et que par l'effet de levier, cette mesure permette de soutenir  l'activité économique et l'emploi.  

     Il a été aussi recommendé d'éliminer effectivement l'ensemble  des frais implicites de tenue de comptes et autres commissions  pesant sur le coût du crédit (frais de gestion, assurance, ect).  En plus, faire appliquer effectivement la règle d'affichage des  conditions de banques. Promouvoir les mécanismes spécifiques  d'accès au crédit en faveur des petites et moyennes entreprises et industries (PME, PMI). 

     Sur le plan de l'environnement des affaires, le ministres de la CEMAC ont proposé de simplifier les formalités de création des  entreprises, notamment en mettant en place des guichets uniques et en renfoçant l'efficacité de ceux qui existent; 

     - Sécuriser le cadre juridique et judiciaire notamment par la  création des structures adaptées (tribunaux de commerce, chambres  d'arbitrage, Observatoire régional, etc) par l'interdiction de  saisie-attribution des comptes bancaires à la BEAC avant tout  jugement définitif, l'adoption des mesures de raccourcissement des délais de jugement et la prise des sanctions disciplinaires à  l'encontre des magistrats et auxiliaires de justice indélicats ( corrompus); 

     - Eliminer tout prélèvement ayant un caractère obligatoire sur  la circulation des biens et des personnes dans la sous-région, non autorisé par un dispositif légal et réglementaire.


source: xinhuanet
Par Moussa Korom
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