Partager l'article ! Crise économique : la CEMAC a son plan de riposte: Un train de mesures sont récemment adoptées à Douala, le métropole économique du Camerou ...
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Essentiellement exportateurs de matières premières agricoles et minières, ces pays souffrent de la contraction de la demande et de l'activité dans les pays industrialisés, principaux clients de la CEMAC, qui regroupe six pays: le Cameroun, le Congo, le Gabon, le Tchad, la Centrafrique, la Guinée Equatoriale.
En ce qui concerne le bois, la situation est difficile en raison de la baisse des cours mais surtout de la faiblesse des carnets de commande. Ce retournement de cycle touche non seulement la Centrafrique mais aussi le Cameroun, le Gabon et le Congo.
La première conséquence est le ralentissement ou l'arrêt des activités d'exploitation forestière et de scieries, avec du chômage partiel voire des licenciements ainsi que des répercussions sur le secteur des transports.
Au Cameroun, on parle de près de 10.000 emplois menacés par les annulations de commandes pour 2009. Sauf à rechercher les quelques niches qui peuvent encore exister de par le monde, les analystes estiment que le redressement ne se manifestera que lorsque les stocks constitués en Europe et ailleurs auront fortement diminué.
En ce qui concerne le secteur minier, l'impact concerne dans un premier temps le diamant avec la chute des cours. Là encore, partout dans le monde, notamment dans la sous-région, les prospections sont très souvent arrêtées et les projets de développement retardés dans l'attente d'une conjoncture plus favorable.
En outre, les pays producteurs de pétrole (Cameroun, Tchad, Gabon, Congo, Guinée Equatoriale), vont enregistrer une baisse de leurs recettes d'exportation, les cours du baril étant passé d'environ 147 dollars le baril en juillet 2008, à moins de 45 dollars le baril depuis plusieurs semaines. Ce qui n'est pas une bonne chose pour les budgets des Etats concernés, car les recettes pétrolières y occupent la première place.
Face à cette situation, une rencontre sous-régionale consacrée aux répecussions de la crise sur les économies de la sous-région, et les mesures à prendre pour atténuer ses effets s'est tenue le 6 mars à Douala. La réunion ministérielle a été précédée par une concertation entre les experts de la sous-région les 4 et 5 mars.
Après avoir examiné le rapport des travaux des experts, les ministres ont finalement adopté des recommandations consensuelles concernant la fiscalité, le secteur monétaire et bancaire, et l'environnement des affaires.
Sur le plan fiscal, il a été recommandé entre autres de permettre aux compagnies minières de bénéficier ponctuellement des réductions/exemptions des taxes d'importations sur les équipements, outillages et autres produits nécessaires aux activités de recherche, exploration ou exploitation;
- Accorder des allègements fiscaux aux entreprises intégrées ( exploitation forestière et industrie) à celles engagées dans l'améngement forestier ainsi qu'aux industries du bois ne possédant pas de sources propres d'approvisionnement, concourant à l'augmentation du taux de transformation des bois. Ces entreprises bénéficieront en cas de besoin de financements ad hoc et/ou de l'échelonnement de leurs dettes fiscales;
- Réduire les taxes sur le bois vendu localement en vue de stimuler la consommation intérieure (taxe sur la valeur ajoutée égale à zéro);
- Création d'un fonds de soutien aux secteurs touchés par la crise économique actelle (industrie du bois) au sein de la Banque de développement des Etats de l'Afrique centrale (BDEAC).
Sur le plan monétaire et bancaire, il a été adopté de baisser significativement les taux d'intérêt bancaires, notamment le taux directeur de la BEAC, la Banque centrale. Cela a été fait et ce taux est passé de 4,75 à 4,5%, depuis le 26 mars 2009, suite à une décision du gouverneur de la BEAC, Philibert Andzembe.
On attend maintenant que les banques commerciales de la CEMAC repercutent cette baisse des taux directeur et créditeur, notamment sur les crédits à accorder aux opérateurs économiques, et que par l'effet de levier, cette mesure permette de soutenir l'activité économique et l'emploi.
Il a été aussi recommendé d'éliminer effectivement l'ensemble des frais implicites de tenue de comptes et autres commissions pesant sur le coût du crédit (frais de gestion, assurance, ect). En plus, faire appliquer effectivement la règle d'affichage des conditions de banques. Promouvoir les mécanismes spécifiques d'accès au crédit en faveur des petites et moyennes entreprises et industries (PME, PMI).
Sur le plan de l'environnement des affaires, le ministres de la CEMAC ont proposé de simplifier les formalités de création des entreprises, notamment en mettant en place des guichets uniques et en renfoçant l'efficacité de ceux qui existent;
- Sécuriser le cadre juridique et judiciaire notamment par la création des structures adaptées (tribunaux de commerce, chambres d'arbitrage, Observatoire régional, etc) par l'interdiction de saisie-attribution des comptes bancaires à la BEAC avant tout jugement définitif, l'adoption des mesures de raccourcissement des délais de jugement et la prise des sanctions disciplinaires à l'encontre des magistrats et auxiliaires de justice indélicats ( corrompus);
- Eliminer tout prélèvement ayant un caractère obligatoire sur la circulation des biens et des personnes dans la sous-région, non autorisé par un dispositif légal et réglementaire.
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