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PARIS - La majorité présidentielle a lancé mardi soir sa campagne pour les élections européennes du 7 juin, après des débuts cahotants, en appelant à conjurer la
menace de l'abstention pour faire gagner "une Europe qui pèse dans le concert des nations".
Avant Nicolas Sarkozy le 5 mai à Nîmes (Gard),
le Premier ministre François Fillon a donné le ton en livrant un plaidoyer pro-européen lors d'une réunion publique à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine).
Le chef du gouvernement n'a pas ménagé ses critiques envers le Parti socialiste de Martine Aubry et "le vide sidéral" de ses propositions sur l'Europe et le président du Mouvement Démocrate François Bayrou, qui a appelé comme le PS à un vote sanction contre Nicolas Sarkozy. Le scrutin du 7 juin n'est pour eux que "le paravent des ambitions partisanes", a-t-il estimé.
Les deux têtes de liste de la majorité en Île-de-France, les ministres Michel Barnier et Rachida Dati, étaient présents, ainsi que le secrétaire général de l'UMP Xavier Bertrand et plusieurs autres membres du gouvernement : Michèle Alliot-Marie, Hervé Morin, Eric Besson, Christine Boutin, Bruno Le Maire, Nathalie Kosciusko-Morizet, Jean-Marie Bockel, Patrick Devedjian, Yves Jégo ou André Santini.
Critiquée pour une prestation désinvolte sur l'Europe mercredi dernier devant de jeunes militants UMP, la ministre de la Justice a répondu sans bévue à une question sur le programme universitaire Erasmus lors d'un échange préparé avec la salle.
"Face à l'abstention des uns et face à l'indifférence des autres, nous avons ensemble la responsabilité d'être européens pour tous ceux qui ne le sont que du bout des lèvres", a lancé François Fillon.
"C'est vrai que l'Europe est complexe, c'est vrai qu'il lui arrive de se montrer très en-deçà de nos espérances, mais l'indifférence est une forme d'impuissance là où précisément nous avons besoin de l'engagement de chacun", a-t-il souligné.
Laminée aux élections de 2004, la droite est donnée gagnante au scrutin du 7 juin en France. Selon un sondage Ifop, l'UMP est en tête des intentions de vote avec 26,5% devant le PS (22,5%).
FILLON RAILLE SÉGOLÈNE ROYAL
"Je vous demande d'être le parti de la France dans l'Europe et pour l'Europe. Je vous demande de vous engager sans hésitation et sans complexe", a dit le Premier ministre sous les applaudissements des militants.
"Il est facile de critiquer l'Europe mais la vérité, c'est qu'il est impossible de lui trouver une alternative. (...) Qui oserait aujourd'hui prétendre que la France seule pourrait répondre à la crise économique internationale?", a-t-il plaidé.
Il s'est prononcé pour l'adoption du traité de Lisbonne, a réitéré le refus "non négociable" de la France d'intégrer la Turquie au sein de l'UE et mis en garde contre un "élargissement sans fin" qui "ne peut être un objectif en soi".
Rendant hommage à la "direction exceptionnelle" de Nicolas Sarkozy durant la présidence française de l'UE, au deuxième semestre 2008, François Fillon a appelé de ses voeux "une Europe qui ne se perde pas dans les méandres de la technocratie".
"Comment, a-t-il insisté, un grand parti politique comme le Parti socialiste peut-il être le seul en Europe qui ne soit pas en mesure d'afficher une véritable position commune, engagée, constructive sur l'Europe ?"
Il a salué en contraste la modernité et le réformisme de ses homologues européens.
"Le président de la République française a beaucoup plus de points communs avec le président du gouvernement espagnol que Mme Royal n'en a avec José Luis Zapatero", a-t-il ironisé, rappelant en creux l'épisode du "malentendu" franco-espagnol - des propos peu amènes prêtés à Nicolas Sarkozy à l'endroit du président du gouvernement espagnol.
Ségolène Royal a présenté ses "excuses" à ce dernier au nom de la France.
"Il a dû sourire le Premier ministre espagnol en prenant connaissance des pardons de la présidente de la région Poitou-Charentes au nom de la France!", a lâché François Fillon.
Si le discours militant de l'UMP paraît rôdé - "Quand l'Europe veut, l'Europe peut" -, sa force de frappe reste à parachever. Plusieurs de ses listes font toujours l'objet de négociations, avec le Nouveau Centre notamment, et ne devraient être connues que lors de la première quinzaine de mai.
IDRISS DEBY ITNO HUE A NEW YORK
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