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Tchadhanana vous souhaite une bonne lecture
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Gal Mahamat Nourri |
Gal. Tahir Guinassou |
Dr. Abakar Tollimi |
Depuis quelques jours, l'harmattan, ce vent sec et chaud qui souffle dans l'Est de notre pays, nous apporte des nouvelles pas du tout rassurantes concernant la rébellion armée qui y opère.
L'UFR, sous la conduite de Monsieur Timane Erdimi, n'a pas produit les résultats escomptés. Bien au contraire, elle s'est vidée sans grande surprise de toute sa substance. Pour
l'heure, c'est la désunion que nous observons, un retour logique donc à la case de départ avec les différentes entités rebelles et leurs problèmes internes.
Si certains mouvements armés (FSR, UFDD/R, MNR) ont préféré déposer les armes et regagner la légalité comme aiment le souligner avec vigueur les "autorités" de N'djaména,
d'autres en revanche, bien que traversant une période difficile de leur existence, continuent vaillamment la lutte armée pour éradiquer définitivement le cancer qui ronge le peuple tchadien
depuis bientôt deux décennies, à savoir le régime apatride des Itno.
Mais avant de foncer tout droit et répondre à notre interrogation, nous nous permettons cette parenthèse pour apporter une petite réponse à quelques égarés qui, profitant de la largesse de nos
collègues du blog Tchadhanana, se sont rués sur les commentaires pour écrire n'importe quoi sur notre blog.
En effet, pour ces écervelés, Ambenatna roule pour le président de l'UFDD, le Général Mahamat Nouri.
Tandis que d'autres affirment mordicus que notre blog, au contraire, torpille en douceur les efforts de ce dernier. Il y en a même qui ont écrit que nous jouons intelligemment un double
jeu.
Eh bien, comme vous le constatez, nous sommes dans tous les camps et finalement nulle part. Qu'à cela ne tienne, nous tenons, une fois de plus, à le faire savoir avec la manière la plus limpide
possible que nous soutenons l'UFDD en tant que mouvement et respectons ces instances politiques et militaires. Ce qui nous lie à ce mouvement est profond, sincère
et personnel.
Cependant, nous réaffirmons notre totale indépendance qui seule nous permet d'être utiles pour l'UFDD. Nous ne roulons pas pour un individu soit-il le président du mouvement ou un simple
représentant en France. Nous n'avons aucun contact direct avec les responsables de l'UFDD, ni leurs familles. Et pourtant, Dieu sait que nous avons été approchés. Notre conception de la lutte
est simple : chacun s'efforce de bien jouer sa partition et le mouvement sera le seul gagnant.
Aussi, notre blog n'endossera pas les bourdes des uns et des autres, soient-ils membres de l'UFDD. Nous défendrons les intérêts généraux de l'UFDD en tant qu'organisation politico-militaire et
l'accompagnerons jusqu'à la victoire finale qui se résume à chasser le Tyran Idriss Deby Itno du pouvoir et à instaurer un régime démocratique et
progressiste.
Aussi, nous estimons que les problèmes de l'UFDD ne sont pas ceux de tout le monde. Ils doivent être traités en interne au sein du mouvement et en toute liberté. Comme on dit, le linge sale se
lave en famille. Les faux amis peuvent circuler. Les autres doivent s'occuper de leurs marmites qui bouillonnent à vide depuis belle lurette.
Ceci dit, nous pensons que le temps est devenu caillou, notre mouvement l'UFDD, bien que encore très solide, traverse une période difficile, conséquence directe et évidente des divisions
répétitives qui ont entraîné des départs aussi bien dans la rébellion que vers le régime impopulaire de N'djaména. Les causes sont malheureusement les mêmes et perdurent dans le temps. On peut
essayer de les énumérer tout en sachant qu'il en existe bien d'autres aussi importantes les unes des autres. Mais pour l'essentiel et de manière générale, on peut retenir
:
--- Une absence totale d'une activité politique coordonnée qui présentement se résume à des rares communiqués de presse, des interviews, des réactions des représentants en
Europe. C'est très insuffisants pour un mouvement qui aspire à diriger le Tchad, un pays où tout reste à faire.
--- Une gestion administrative à la « Deby », chacun fait comme il veut, comme il peut et personne ne bosse en réalité. Vous pouvez vous absenter, prendre vos
congés, sans qu'on le remarque ou s'en étonne. Un laisser-aller sans commune comparaison. Le pouvoir décisionnaire est concentré entre les mains d'une poignée de personnes qui décident à sa
façon à la place de tout le monde. Le riche potentiel humain du mouvement se trouve être inexploité voire marginalisé. Nous assistons passivement à une démobilisation continuelle et
graduelle.
--- Une gestion financière très décriée depuis bien longtemps et qui malheureusement persiste et cause plus de dégâts que les appâts miroités en permanence par le régime MPS.
L'argent est le nerf de la guerre dit-on. La prise en charge tardive des blessés de guerre et les multiples scandales financiers ont porté un sérieux coup à l'image du
mouvement.
--- Les problèmes récurrents d'ethnies et de clans sont très mal gérés et ont abouti à chaque fois sur des divisions importantes. Cela a affaibli le mouvement et lui a
oté progressivement son caractère national.
--- La communication de l'UFDD est quasi inexistante. On ne sent pas le travail d'une équipe, il manque une coordination qui permet une réaction prompte du mouvement sur
les diverses questions de l'actualité nationale et internationale.
Ces problèmes sont pour l'essentiel d'ordre organisationnel. Mais ils sont surtout les causes d'un très mauvais management des hommes et des ressources. Le top management de l'UFDD est indexé.
Des voix et pas les moindres se sont élevées pour dénoncer avec vigueur certaines dérives qui aujourd'hui, si rien n'est fait, risquent de porter un coup fatal au mouvement. A ce niveau,
inutile de crier au complot, ni aux corrompus car tout le monde s'accorde sur la mauvaise gestion financière et politique du mouvement qui a fini par installer une ambiance de souk.
Au Tchad, le pouvoir est très présidentiel. Ce n'est pas étonnant que le même système soit calqué au niveau des mouvements rebelles et même des partis politiques. L'UFDD n'est pas épargnée. Son
président, le général Mahamat Nouri, est depuis plusieurs semaines la cible désignée de toutes les imperfections constatées. Son autorité, sa capacité de rassembler, d'organiser, de mobiliser,
de motiver et de commander sont aujourd'hui mises à l'épreuve. Plusieurs de ses Lieutenants lui convoitent ouvertement le fauteuil, parmi les plus sérieux, on avancerait le nom du
Général Tahir Guinassou et celui du Dr. Abakar Tollimi.
Mais comment faire quand des intérêts personnels et familiaux entrent en jeu et verrouillent les portes pour tout débat démocratique pouvant aboutir sur des décisions collectives
et populaires au profit du mouvement ?
En notre connaissance, nous n'avons pas encore vu un chef d'un mouvement armé destitué "démocratiquement" au profit d'un autre. En 1980 à N'djaména, une mutinerie a porté Abderahmane Aboubakar
à la tête du MPLT. Sinon, à chaque fois, on assiste à une scission, suivie aussitôt par la création d'un nouveau mouvement. Ce fut le cas avec le Frolinat qui s'est scindé en deux
(FAP et FAN), bien d'autres exemples existent et le tout dernier en date est l'UFDD/R, un mouvement mort né.
L'UFDD va t-elle inaugurer cette ère en démettant son président et le remplacer par un autre ? Précisons qu'il n'a jamais été question d'un coup d'Etat militaire mais plutôt
d'une transition pacifique voire consensuelle. Le Général Mahamat Nouri qui s'oppose à la tenue d'un congrè, va t-il se laisser faire ? Tout porte à croire par la négative et si la crise
persiste, on s'acheminera inévitablement vers la création d'un autre mouvement armé qui regroupera les dissidents opposés au Général Nouri. Une nième dérivé de l'UFDD.
Les Soudanais qui sont allés chercher en Arabie saoudite l'Ambassadeur Mahamat Nouri et qui l'ont imposé chef suprême de la rébellion de l'Est, sont-ils prêts à le lâcher ? A priori
non, mais ils soutiendront, comme ce fut le cas avec l'UFDD/F et l'UFCD, la création d'un éventuel nouveau mouvement issu de l'UFDD.
Dans tous les cas, tous ces mouvements sont condamnés à se regrouper au sein de l'UFR pour mener ensemble la guerre contre la dictature en place à N'djaména. La démission de Monsieur
Timane Erdimi serait même sur la table, il reste à lui trouver un successeur qui fera l'unanimité et surtout chanceux ! Mais cela est un autre châpitre que nous ouvrirons à la fin de la saison
des pluies, probablement vers fin du mois d'octobre 2009. D'ici là, prenez votre mal en patience.
SOURCE: AMBENATNA
IDRISS DEBY ITNO HUE A NEW YORK
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