Mardi 3 novembre 2009 2 03 /11 /Nov /2009 07:34
- Publié dans : ACTUALITE
Le moins que l’on puisse dire, c’est que la encore balbutiante ne sort pas grandie de cette élection présidentielle en . Toujours convaincu d’avoir gagné dès le premier tour, Hamid Karzaï a officiellement été proclamé hier « réélu » faute d’adversaires pour un éventuel second tour qui n’aura jamais lieu… Elu une première fois en 2004, après avoir été porté au pouvoir par les puissances occidentales lors de la conférence de Bonn en décembre 2001, Karzaï se succédera donc à lui-même pour un nouveau mandat de cinq ans à la d’un pays toujours en guerre.

Mais s’il est officiellement réélu et salué comme le « dirigeant légitime » du pays par le porte-parole de la Maison-Blanche et félicité hier soir par Nicolas Sarkozy , le président sortant est en réalité considérablement affaibli de processus électoral qui s’est transformé en crise politique sans précédent. Son élection restera fortement entachée par les « fraudes massives », pour ne pas dire records, du 20 août, où un million et demi de bulletins de vote ont dû être annulés, faisant ainsi chuter son score final de 54,5 % à 49,6 % des voix ! C’est pourquoi sa légitimité pourrait être rapidement contestée. Par son ancien ministre des Affaires étrangères, le docteur Abdullah Abdullah qui, en étant le premier à dénoncer ces fraudes, s’est forgé une stature de principal opposant. Comme par les talibans qui après avoir tenté quatre fois de l’assassiner ne rêvent que de le renverser et ont clairement fait savoir qu’ils ne négocieraient jamais avec lui avant le départ de toutes les troupes étrangères du pays, dont ils font une condition préalable.

Otage des membres de son clan

D’autant plus que Karzaï sera plus que jamais l’otage des membres de son clan, qui n’ont pas hésité à bourrer les urnes pour le maintenir en poste et défendre ainsi leurs petits et grands trafics. Comme des « barons de la drogue » (l’Afghanistan est le premier producteur mondial d’opium !) et des « seigneurs de la guerre », qui ont fait alliance avec lui après avoir ruiné le pays pendant la guerre civile ayant suivi la victoire des moudjahidin sur l’Armée rouge.
Ancien ministre de la Défense, ayant trempé dans de nombreux massacres, le général Fahim n’est-il pas devenu vice-président ? C’est dire que l’Afghanistan où le président Barack Obama hésite toujours à envoyer 40 000 soldats de plus en renfort n’est pas près de retrouver paix.
 

Le Parisien
Par ABDALLAH CHIDI DJORKODEI
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