Mais s’il est officiellement réélu et salué comme le « dirigeant légitime » du pays par le porte-parole de la Maison-Blanche et félicité hier soir par Nicolas
Sarkozy , le président sortant est en réalité considérablement affaibli de processus électoral qui s’est transformé en crise politique sans précédent. Son élection restera fortement entachée
par les « fraudes massives », pour ne pas dire records, du 20 août, où un million et demi de bulletins de vote ont dû être annulés, faisant ainsi chuter son score final de 54,5 % à 49,6 % des
voix ! C’est pourquoi sa légitimité pourrait être rapidement contestée. Par son ancien ministre des Affaires étrangères, le docteur Abdullah Abdullah qui, en étant le premier à dénoncer ces
fraudes, s’est forgé une stature de principal opposant. Comme par les talibans qui après avoir tenté quatre fois de l’assassiner ne rêvent que de le renverser et ont clairement fait savoir
qu’ils ne négocieraient jamais avec lui avant le départ de toutes les troupes étrangères du pays, dont ils font une condition préalable.
Otage des membres de son clan
D’autant plus que Karzaï sera plus que jamais l’otage des membres de son clan, qui n’ont pas hésité à bourrer les urnes pour le maintenir en poste et défendre
ainsi leurs petits et grands trafics. Comme des « barons de la drogue » (l’Afghanistan est le premier producteur mondial d’opium !) et des « seigneurs de la guerre », qui ont fait alliance
avec lui après avoir ruiné le pays pendant la guerre civile ayant suivi la victoire des moudjahidin sur l’Armée rouge.
Ancien ministre de la Défense, ayant trempé dans de nombreux massacres, le général Fahim n’est-il pas devenu vice-président ? C’est dire que l’Afghanistan où le président Barack Obama hésite
toujours à envoyer 40 000 soldats de plus en renfort n’est pas près de retrouver paix.