Jeudi 10 décembre 2009 4 10 /12 /Déc /2009 12:04
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La junte militaire accuse la France d’être derrière la tentative d’assassinat du Capitaine Moussa Dadis Camara, par son ex-aide du camp. Il existe des preuves sur l’implication du ministre français des Affaires étrangères et des services secrets français, dans ce coup d’Etat manqué contre Dadis Camara, selon le ministre guinéen de la Communication et porte-parole du gouvernement, Idrissa Chérif.

La junte militaire suspend sa participation aux négociations de Ouagadougou, jusqu’au retour de son chef dans ses fonctions de président de la République. L’annonce a été faite mardi par le secrétaire permanent du Conseil national pour la démocratie et le développement (Cndd), le Colonel Moussa Keïta.

‘Pour le moment, notre participation aux négociations n’est pas bannie mais suspendue jusqu’au retour du président (Moussa Dadis Camara : Ndlr) au pouvoir’, a-t-il ainsi déclaré. Le Cndd et le gouvernement se disent plus préoccupés par l’Etat de santé du Capitaine Camara alité, depuis une semaine, dans un hôpital militaire à Rabat au Maroc. Le secrétaire permanent du Cndd précise, toutefois, que la recherche d’une solution de sortie de crise en Guinée reste une priorité pour le gouvernement.

Le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Idrissa Chérif, accuse, pour sa part, les services secrets français et le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, d’être impliqués dans la tentative d’assassinat du Capitaine Moussa Dadis Camara. ‘Nous disposons des éléments qui prouvent l’implication de la France dans la tentative d’assassinat du président’, déclare-t-il, sans donner plus de détails sur ses allégations. La junte militaire compte ainsi faire de nouvelles révélations, dans les prochains jours, pour démontrer la véracité de ses accusations, précise le ministre de la Communication. La France a qualifié ‘ces accusations de rumeurs infondées’ qui ne méritent même pas de réponse.

Ce n’est pas la première fois que des régimes guinéens formulent des accusations contre l’ancienne puissance coloniale. On se souvient encore de ces fameux complots permanents et de la cinquième colonne contre la Guinée, auxquels le nom de la France était souvent lié. Les deux pays ont toujours entretenu des relations tumultueuses, depuis l’indépendance de la Guinée en 1958. Ce pays était, en effet, l’unique ancienne colonie française à avoir voté ‘Non’, au référendum de 1958. Il convient par ailleurs de souligner, qu’à chaque fois qu’un régime guinéen est confronté à des difficultés internes, il cherche toujours des boucs émissaires ailleurs au lieu de s’attaquer véritablement à la racine du mal.

Le concept de ‘complot permanent’, qui a été inventé par le premier président de la République, Ahmed Sékou Touré (1958-1984), a prospéré pendant le règne du général Lansana Conté (1984-2008), est aujourd’hui, en train d’être remis au goût du jour, par les actuels tenants du pouvoir à Conakry. On se souvient encore, que la junte militaire, avait fait état, tout récemment, de la présence des mercenaires qui seraient massés le long des frontières entre la Guinée et ses voisins, prêts à envahir son pays. Les autorités sénégalaises, bissau-guinéennes et libériennes, qui étaient mises à l’index par l’homme fort de Conakry, avaient tous démenti ces allégations qui se sont d’ailleurs avérées complètement fausses.

REMOUS EN GUINEE : Pourquoi la France est-elle mouillée ?

Aujourd’hui, on ne peut pas nier le rôle, combien nocif, de la France dans l’instabilité politique chronique de certains régimes africains. Le cas du Burkina Faso avec l’assassinat du Capitaine Thomas Sankara ou du débarquement des mercenaires aux Comores avec le tristement célèbre mercenaire français Bob Dinard, en République centrafricaine et au Bénin, etc. Il nous paraît, cependant, peu probable que Paris ait joué un rôle dans la tentative de meurtre contre le Capitaine Dadis Camara par son ex-aide du camp.

A vrai dire, le Lieutenant Toumba Diakité qui est considéré aujourd’hui comme l’un des bourreaux des militants de l’opposition, le 28 septembre dernier, s’est senti lâché par son mentor. Et il n’a pas apprécié, du tout, d’être présenté comme l’unique responsable de ces tueries ; alors qu’il aurait agi suivant des instructions qu’il avait reçues de ses supérieurs hiérarchiques dont le Capitaine Moussa Dadis Camara

En tous les cas, ces accusations mettant en cause la France, interviennent 24 heures seulement après que le secrétaire général de la commission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest, Mohamed Ibn Chambas, a demandé aux Etats d’isoler davantage la junte militaire guinéenne. ‘S’il n’y a pas de changements clairs vers des élections crédibles, on va mettre d'autres sanctions ciblées contre les leaders du Cndd qui continueront de poser des problèmes’, a-t-il déclaré lundi sur les ondes de la Bbc.

Mamadou Aliou DIALLO


Par ABDALLAH CHIDI DJORKODEI
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